Séance pleniere sur les aspects industriels de Commerce et des PME

PLENIERE LOI DE FINANCES 2026

MINISTERE DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE ET DES PME

Mamadou DIEYE (traitement)

Mamadou NDIAYE (Photos)

 Le projet de budget 2026 du Ministère de l’Industrie et du Commerce est arrêté à 355 933 222 920 FCFA en Autorisations d’Engagement (AE) et à 150 134 635 433  FCFA en Crédits de Paiement (CP).

Par programme, ce projet de budget est réparti comme suit :

Programme : Pilotage, Coordination et Gestion administrative 

Pour l’exercice 2026, les crédits de ce programme sont évalués à 2 447 803 661 de FCFA en AE et en CP. 

Programme  : Accessibilité des produits et services, lutte contre la vie chère et modernisation du commerce

Pour l’exercice 2026, les crédits dudit programme sont estimés à 33 485 873 087 FCFA en AE et à 33 143 048 087 FCFA en CP.

Programme  : Défense commerciale et renforcement du positionnement commercial du Sénégal sur les marchés extérieurs

Pour l’exercice 2026, les crédits dudit programme sont estimés à 2 292 915 660 FCFA en AE et à 2 233 608 160 FCFA en CP.

Programme  : Accompagnement et financement des PME/PMI

Pour l’exercice 2026, les crédits de ce programme sont évalués à 3 290 355 607 FCFA en AE et en CP. 

Programme   : Développement des pôles et filières industrielles compétitives

Pour l’exercice 2026, les crédits de ce programme sont évalués à 314 416 274 905 FCFA en AE et à 109 019 819 918 FCFA en CP. 

Déroulement de la  séance pleniere

La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire sous la présidence de l’honorable Chérif Ahmed DICKO, a été élargie à la Commission des Affaires économiques dont le Président est l’honorable Abdou Karim SALL. Elles avaient examiné, en sa séance du 11 novembre 2025, le projet de budget 2026 du Ministère de l’Industrie  du Commerce et des PME.

Le Gouvernement était représenté par Docteur Serigne Guèye DIOP, Ministre de l’Industrie et du Commerce, Cheikh DIBA, Ministre des Finances et du Budget, Marie Rose Khady Fatou FAYE, Secrétaire d’État chargée des Relations avec les institutions, et Ibrahima THIAM, Secrétaire d’État chargé du Développement des Petites et Moyennes Entreprises et des Petites et Moyennes Industries, entourés de leurs principaux collaborateurs.

Budget orienté vers l’investissement.

Le Ministre Dr Serigne Gueye DIOP a rappelé que le Gouvernement a fait le choix d’accorder à l’Industrie et au Commerce une place centrale dans la stratégie de transformation économique, comme en témoigne la hausse de plus de 200 % du projet de budget du ministère, désormais essentiellement orienté vers l’investissement.

Quelques réalisations du Département

-les états généraux dans les secteurs de l’Industrie, du Commerce et des PME.

-la nouvelle Lettre de Politique sectorielle de Développement (LPSD), alignée sur la Stratégie nationale de Développement (SND 2025-2029) et sur l’Agenda national de Transformation (ANT) « Sénégal 2050 ».

– la stratégie d’industrialisation et commerciale, traduite dans un livre blanc dans lequel ont été identifiés les contraintes qui freinent l’industrialisation de notre pays et le développement du secteur du commerce et des PME :

+ une économie fortement « tertiarisée » dominée par les services (60 % du PIB), et constituée de peu d’entreprises, essentiellement de très petites entreprises faiblement compétitives,

+ une faible transformation de nos ressources

+ un déficit d’infrastructures industrielles et commerciales modernes, aptes à connecter les zones de production et à réduire les pertes post-récolte.

Pour relever ces défis, le Ministre Dr Serigne Gueye DIOP a présenté la nouvelle Lettre de politique sectorielle de Développement du Ministère de l’Industrie et du Commerce, qui décline cinq programmes, en parfaite cohérence avec l’Agenda national de Transformation (ANT) « Sénégal 2050 ».

PREOCCUPATIONS DES DEPUTES    ET REPONSES DU GOUVERNEMENT

Préoccupations des Députés

INDUSTRIE

Des députes ont rappelé le rôle central du secteur industriel, en tant que vecteur de transformation structurelle de l’économie nationale et levier décisif pour la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation (ANT)« Sénégal 2050 ».

 Ils ont insisté sur la nécessité 

-de promouvoir des unités industrielles compétitives, capables de soutenir la transformation et la consommation des produits locaux, particulièrement dans les filières agroalimentaires, laitières, halieutiques et agricoles.

– en plus de substituer les importations de produits bas de gamme par des produits locaux de qualité.

Reponse du ministre

Nouvelle politique industrielle

il a indiqué qu’elle repose sur une stratégie d’industrialisation endogène visant à répartir plus équitablement les activités industrielles sur le territoire, à réduire la dépendance aux importations et à soutenir le secteur privé national.

Dans ce cadre, le Gouvernement s’est engagé à mettre en place huit (08) pôles industriels régionaux, qui couvrent les quatorze (14) régions et les quarante-six (46) départements, sous la coordination de l’APROSI.

 Il a aussi rappelé que Dakar concentre encore près de 80 % des industries et que l’objectif est de corriger progressivement ce déséquilibre en développant des zones industrielles à Touba, Bignona, Djibidione et dans d’autres localités, avec des vocations sectorielles différenciées concernant des domaines tels que l’automobile, l’agroalimentaire, le textile, entre autres.

 Preoccupations des Deputes

Parc industriel international de Diamniadio

Les députés ont déploré le fait que la demeure insuffisamment accessible aux nationaux. À ce titre, il a été demandé la prise de mesures idoines pour faciliter l’accès des entreprises sénégalaises à cet espace Par ailleurs ils ont demandé d’augmenter le nombre d’entrepôts au niveau du Marché d’intérêt national, de renforcer l’exigence de préférence nationale et d’auditer la gestion de certains programmes et structures comme l’Agence d’Aménagement et de Promotion des Sites Industriels (APROSI).

Ils ont souhaité, dans le même esprit, que la création de zones industrielles et d’unités de transformation soit effectivement déployée dans toutes les régions, en veillant à un maillage équilibré des huit   pôles industriels régionaux envisagés.

 Reponse du ministre

Parc industriel de Diamniadio

 Le Ministre a  assuré que l’accès au Parc industriel de Diamniadio est désormais facilité pour les Sénégalais, que les magasins sont occupés à 100 % et que le prix du loyer au mètre carré a été réduit de moitié pour améliorer la compétitivité du capital national.

Par ailleurs, concernant l APROSI, il  a confirmé que l’audit est achevé et le rapport, qui a fait état d’une mauvaise gestion, a été soumis aux autorités pour décision.

Preoccupations des Deputes

Réalisation des Agropoles

Ils sont prévus sur l’ensemble du territoire, particulièrement à Kébémer et Guinguinéo, ainsi que le renforcement des agropoles Sud et Ouest, l’élargissement est prevu a des communes stratégiques comme Djibidione et Sandiara.

 Reponse du ministre

Le Ministre a confirmé que ces pôles agro-industriels s’appuieront sur de nouvelles unités de transformation, des infrastructures de stockage et de distribution renforcées, ainsi que sur des chaînes logistiques intégrées. Les filières éligibles seront élargies.

Il a, à ce propos, souligné que le dispositif des agropoles fait l’objet d’un renforcement structurel pour accroître leur impact économique et territorial, et qu’un financement endogène est envisagé pour l’Agropole-centre à partir de l’année prochaine.

Préoccupations des Députés

Plateformes industrielles

Les députés ont évoqué les projets liés à l’exploitation du phosphate, en demandant un renforcement des mesures de protection de l’environnement et des populations, notamment de Matam, ainsi que des actions de développement durable au bénéfice des communautés locales.

Ils ont aussi interpellé le Ministre sur l’état d’avancement du projet d’université de Matam dédié au phosphate et à l’agrobusiness, ainsi que sur la future usine d’engrais phosphatés.

Reponse du ministre

Phosphate

Le Ministre Dr Serigne Gueye DIOP a détaillé la nouvelle approche consistant à mettre fin au modèle dans lequel une part importante du phosphate brut est exportée pour être transformée à l’étranger avant d’être réimportée sous forme d’engrais.

Il a annoncé la mise en place, à Danthiady d’une usine de fabrication d’engrais phosphatés, ainsi que la création d’un pôle universitaire spécialisé travaillant en étroite collaboration avec l’Institut Supérieur d’enseignement professionnel (ISEP), afin de valoriser localement cette ressource stratégique et de renforcer les compétences nationales.

Il a rassuré que les préoccupations environnementales des populations de Matam seront prises en compte par des programmes spécifiques de développement durable.

zone industrielle de Bignona et de la plateforme intégrée 

Le Ministre a reconnu que des problèmes de conception ont été identifiés. Ces plateformes seront restructurées pour devenir de véritables pôles industriels et logistiques, avec un élargissement significatif des superficies jusqu’à cinquante (50) hectares, de sorte que l’ensemble des départements de la zone Sud du pays puissent bénéficier des retombées industrielles et logistiques.

Il a annoncé qu’un financement important, notamment de la Banque africaine de Développement (BAD) d’un montant de 30 millions de dollars, a été mobilisé pour appuyer la mise en place d’une autre zone industrielle dans le département de Bignona.

Plateformes économiques intégrées

de Bignona

Des difficultés ont été rencontrées dans la mise en œuvre, notamment en ce qui concerne l’exploitation des chambres froides, la structuration des filières et l’accès au marché, tout en souhaitant que sa gestion soit confiée à cette commune.

Projet de mise en œuvre de la zone industrielle de Touba,

Il est appelé à devenir un hub économique et artisanal de premier plan.

Pour le projet « Notto Diobass Smart City », les tensions récurrentes ont été signalées, notamment le différend opposant l’APROSI aux populations locales sur l’acquisition des terres.

 Préoccupations des Députés

SONACOS

 La redynamisation des usines de Kaolack et de Diourbel a été demandée, ainsi que l’accompagnement des unités privées qui ont assuré la continuité de la production d’huile. Certains députés ont demandé l’interdiction de l’huile artisanale dite « SEGAL », jugée dangereuse pour la santé, et ont souligné la nécessité de moderniser la chaîne d’approvisionnement de la SONACOS.

 Reponse du Ministre

Campagne de commercialisation de l’arachide et SONACOS

Le Ministre Dr Serigne Gueye DIOP a insisté sur la nécessité de garantir en priorité l’approvisionnement de l’industrie nationale, tout en permettant l’exportation de l’excédent dans des conditions encadrées.

 Il a, à ce niveau, informé qu’un décret est en cours d’élaboration pour mieux organiser l’exportation de l’arachide et éviter les dysfonctionnements constatés par le passé.

Il a également assuré que les points de collecte seront renforcés dans des zones comme Nioro du Rip pour fluidifier la campagne et a reconnu que l’enjeu demeure de concilier un prix rémunérateur pour les producteurs avec l’approvisionnement suffisant de l’industrie locale.

Le Ministre Dr Serigne Gueye DIOP a précisé que l’entreprise avait été conçue, historiquement, sur un modèle centré sur l’arachide et l’huile brute. Selon lui, cette configuration s’est révélée structurellement fragile et ainsi, la nouvelle orientation vise à diversifier les matières premières, la gamme de produits et les débouchés, dans le but de mieux aligner la SONACOS sur la nouvelle politique industrielle, d’accroître sa résilience et de créer plus d’emplois et de richesses.

Préoccupations des Députés

Campagne arachidière

Les producteurs ont connu des difficultés, dans le département de Nioro du Rip, en ce qui concerne le démarrage tardif de la campagne, l’insuffisance des points de collecte, la multiplicité des intermédiaires et la récurrence des bons impayés. 

L’ouverture du marché à l’exportation, est aussi une problématique.

 Reponse du Ministre

Financement de la campagne arachidière

Le Ministre Dr Serigne Gueye DIOP a rappelé que l’État a apuré, en 2024, les créances des opérateurs du secteur et a dû résorber un stock important de dettes, notamment vis-à-vis d’ITFC, structure de financement liée à la Banque Islamique de Développement (BID), pour un montant de 111 milliards de francs CFA.

Pour la campagne en cours, les besoins de financement sont estimés à 150 milliards de francs CFA, dont 100 milliards pour la SONACOS. Selon lui, des dispositifs de financement ont été mobilisés avec la LBA, la BNDE et l’Association professionnelle des banques, ainsi qu’une nouvelle convention avec ITFC.

Huile artisanale

  Le Ministre  Dr Serigne Gueye DIOP a relevé que la co-existence entre la SONACOS et d’autres unités de production est admise. Il a, néanmoins, insisté sur le fait que certaines huiles artisanales, dont l’huile « SEGAL », ne répondent pas aux normes de sécurité sanitaire et doivent, par conséquent, être soumises à un raffinement et à une régulation stricte.

Il a, en outre, informé que de nouvelles presses à huile seront installées à Diourbel et à Kaolack, et un partenaire stratégique, disposant d’une expertise technologique avancée, est en cours d’identification. L’objectif est aussi de mieux positionner la SONACOS sur l’exportation de produits à plus forte valeur ajoutée.

 Préoccupations des Députés

(Textile, tannerie, automobile, plastique, cimenterie, tomate, hydrocarbures, sidérurgie.)

Tannerie industrielle

Des députés ont salué le projet d’enregistrement de la marque « Dalou Ngaye ». Ils ont préconisé la création d’une tannerie industrielle dans le Djolof pour développer une chaîne de valeur nationale du cuir au profit des artisans.

Sachets plastiques de faible micronnage,

Les conséquences environnementales, sur terre comme en mer, sont jugées catastrophiques.. Certains députés ont souligné l’urgence d’une application effective de la loi n° 2015-09 du 4 mai 2015 les interdisant.

 Ils ont, à cet effet, appelé à des mesures concrètes de substitution et de contrôle renforcé, notamment par l’encadrement de la production et de la mise sur le marché d’emballages alternatifs.

Industrie sidérurgique

Des députés ont souhaité une meilleure protection des ferrailleurs sénégalais face à la concurrence étrangère. Dans ce cadre, il a été recommandé la fermeture du marché à l’importation des billettes de fer, ou, à défaut, la levée de l’interdiction d’exporter de la fonte, afin de permettre aux ferrailleurs d’écouler leur production dans des conditions économiquement viables.

Ciments, Huile, eau

  il a été évoqué les licenciements et les mauvaises conditions de travail dans certaines entreprises.

Filière textile

Elle est considérée comme un secteur stratégique pour l’emploi, la culture et la souveraineté industrielle. Les députés ont, à cet égard, plaidé en faveur de la relance et la réouverture de structures telles que la SOTEXKA, la SOTIBA, la SODEFITEX, la NSTS, le DOMITEXKA, l’ICOTAF, ainsi que pour l’accompagnement du plan de redressement de la NSTS.

 Reponse du Ministre

Secteur textile

Dr Serigne Gueye DIOP a informé que le Gouvernement a inscrit la relance du textile parmi les priorités de la nouvelle politique industrielle.

 Il a indiqué, à ce propos, que l’option retenue consiste, d’une part, à relancer la production textile nationale et, d’autre part, à installer des unités textiles dans chaque zone industrielle, afin de mieux répartir l’activité sur le territoire et de créer des emplois dans ce secteur.

Preoccupations des Deputes

  Strategie « gas to power »

Des députés ont salué l’option consistant à utiliser le gaz comme levier d’industrialisation.

 Ils ont, plus globalement, encouragé une meilleure implication des parlementaires dans le suivi des grands projets industriels au niveau de leurs localités.

 Réponse du Ministre

Valorisation du gaz et du pétrole

Le Ministre Dr Serigne Gueye DIOP a fait savoir que la décision retenue est d’éviter l’exportation brute du gaz pour le transformer localement, notamment en ammoniac et en urée, afin de soutenir l’industrialisation et d’optimiser les retombées économiques.

 Des mesures sont également envisagées pour réduire les tensions sur l’approvisionnement en gaz domestique, notamment par une meilleure planification logistique.

SENIRAN AUTO

Le Ministre a annoncé que l’État a passé une commande de 1 500 véhicules, notamment pour les besoins du transport public et des taxis pour la desserte de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), afin de soutenir la relance de l’usine.

SOCAS DE DAGANA

Sa réouverture   et d’autres unités agro-industrielles s’inscrit dans la vision globale de fusionner commerce et industrie pour faire de la production locale le pivot de la politique d’import-substitution.

  ACCOMPAGNEMENT ET FINANCEMENT DES PME-PMI

Préoccupations des Députés

Les députés ont attiré l’attention sur la faiblesse des crédits alloués. Ils ont jugé nécessaire d’augmenter les ressources de ce département, compte tenu de son importance et des défis à relever.

Réponse du Secrétaire d État Ibrahima THIAM

  PME et PMI,

Il a rappelle que l’État fonde sa politique sur le triptyque « formation-formalisation-financement ».

Le Secrétaire d Etat THIAM a aussi annoncé que la Direction des PME (DPME) et la Direction des PMI (DPMI), sous l’égide du Secrétaire d’État chargé du Développement des PME-PMI, finalisent une Stratégie nationale de promotion et de développement des PME-PMI qui sera déclinée en programme intégré afin de renforcer les synergies et d’optimiser l’utilisation des ressources.

Il a également souhaité une augmentation des ressources de l’ADEPME. Une décentralisation est prévue pour renforcer la proximité avec le tissu productif. Il  a aussi rappelé l’importance du Programme ETER dont la poursuite en 2026 permettra de consolider l’accompagnement des entreprises.

Précision du Ministre  Cheikh DIBA

Sur le programme « Accompagnement et financement des PME/PMI », il a reconnu que la dotation actuelle qui correspond à 2,2 % du budget du ministère demeure modeste. Néanmoins, il a précisé que le rôle du Ministère   du Budget est d’accompagner les ministères sectoriels dans l’ingénierie budgétaire et la mobilisation de ressources extérieures, mais l’arbitrage sur la répartition des crédits est laissé à leur appréciation.

En outre, il a  noté qu’un travail est engagé sur la rationalisation des instruments de financement et d’accompagnement des entreprises, avec l’idée de regrouper, au sein d’une entité unique « Financement et Expertise Sénégal » (FINES), les instruments de conseil, d’amorçage et de financement, notamment l’ADEPME, l’APDA, et les fonds logés dans différents ministères, ainsi que de redynamiser la promotion des investissements.

COMMERCE INTERIEUR

 Préoccupations des Députés

 Des députés ont estimé que la promotion du « Made in Sénégal » et la consommation de produits locaux constituent un axe majeur de souveraineté économique.

À ce titre, ils ont salué la politique de gel des importations d’oignons et de pommes de terre, qui a permis d’écouler la production locale à des prix jugés justes et de maintenir un approvisionnement régulier du marché, Ils ont aussi demandé l’extension de cette démarche à la banane de Tambacounda et au riz local, encore pénalisé par la concurrence du riz importé.

Ils ont également plaidé en faveur de la mise en place de mécanismes de subvention et de soutien financier aux riziculteurs, ainsi que d’une meilleure protection de la filière horticole et des producteurs d’anacarde face à la mainmise d’opérateurs étrangers.

Réponse du Ministre

Oignon, la pomme de terre et la banane de Tambacounda

 Dr DIOP a affirmé que la politique de gel des importations et de fermeture partielle du marché à certains pays fournisseurs a permis d’écouler la production nationale.

 Il a cité, à titre illustratif, la livraison de 15 000 tonnes de bananes en deux (2) mois, pour une valeur de 7 500 000 000 de francs CFA.

Preoccupations des Deputes

Chambres froides

Déterminantes dans la lutte contre les pertes post-récolte et la stabilisation des prix. Ils ont, à ce propos, sollicité la mise en place de telles installations dans les zones de forte production, notamment le Sine-Saloum, les Niayes, Ziguinchor, Diogo, Fass Boye, Notto, Diass, Kaolack, Niaming, Pata, Dinguiraye, Kayar,

 Ils ont demandé un appui spécifique au profit de l’Association des Producteurs Maraîchers de Kayar (APMK).

 Reponse du Ministre

Chambres froides

Mise en place de magasins de stockage, de micro-industries et d’unités de transformation

 Ces structures ont été recommandées surtout dans les zones à fort potentiel, notamment la zone sylvopastorale et celle des Niayes, la Casamance, le Bassin arachidier, ainsi que dans les localités de Kébémer, Darou Mousty, Pire, Thieppe, Kab Gaye et Diokoul . Ils visent la  création de  valeur ajoutée et un recul de l’exode rural.

Le Ministre DIOP a indiqué qu’une convention a été signée entre l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) et le secteur privé pour la construction d’une vingtaine de chambres froides dès l’année prochaine, pour une capacité de stockage de 250 000 tonnes de produits, dans la perspective d’une production d’oignons et de pommes de terre avoisinant 400 000 tonnes.

 Il a précisé que ces infrastructures seront implantées dans diverses régions, y compris les îles du Saloum.

 Ainsi, dans le souci d’améliorer la conservation et la régulation des prix, il a fait part de la mise en place d’un système de récépissé d’entrepôt rémunéré à la livraison.

Precision du Ministre  Cheikh DIBA

l’ARM

il a mentionné une dotation cumulative de 416 millions de francs CFA, complétée pour 2026 par une rallonge de 130 millions de francs CFA. Il a indiqué que des négociations sont en cours pour un partenariat public-privé permettant de renforcer les infrastructures de régulation des marchés.

Preoccupations des Deputes

( loyers, consommation, contrôles,  PROMOGEM, Chambres de Commerce…..)

Contrôle

Dans cette optique, ils ont préconisé la mise en place d’un dispositif de contrôle plus efficace pour lutter contre la vie chère, la fraude commerciale, la mise sur le marché de denrées périmées et de produits manufacturés non conformes, qui posent un problème de sécurité alimentaire et de santé publique. À cet effet, ils ont souhaité le renforcement des moyens humains, matériels et financiers de la Direction du commerce intérieur (DCI), ainsi que l’installation de services régionaux et départementaux sur l’ensemble du territoire national, en particulier à Guinguinéo.

Chaine de télévision économique

 Des députés  ont, en outre, salué le lancement d’une chaine de télévision économique destinée à mieux valoriser les politiques publiques, l’entrepreneuriat et le secteur privé. Ils ont, dans le même temps, insisté sur la nécessité de renforcer la lutte contre la vie chère.

 Réponse du Ministre

Lutte contre la vie chère

Le Ministre a rappelé que la politique d’import-substitution, appuyée par des subventions ciblées sur certaines denrées comme le riz et l’huile, a déjà permis de soutenir le pouvoir d’achat, et que des efforts supplémentaires sont en cours de négociation pour réduire encore les prix.

Il a assuré que les baisses de prix décidées par le Gouvernement ont été, dans leur grande majorité, effectivement appliquées, ce que confirment les rapports des services déconcentrés, des préfets et de certaines organisations professionnelles. Il a fait état de l’existence de cas isolés de non-application, ce qui justifie le renforcement des dispositifs de contrôle.

Il est du même avis que les députés sur la nécessité de renforcer la communication sur les mesures de baisse et de poursuivre les contrôles pour assurer leur effectivité sur l’ensemble du territoire.

Préoccupations des Députés

DIPA

Il a été également jugé nécessaire de digitaliser les procédures de Déclaration d’Importation de Produits Alimentaires (DIPA), de mieux encadrer le commerce en ligne et de durcir les sanctions pour décourager toute tentative de corruption ou de violation de la réglementation sur les prix homologués.

Réponse du Ministre

« Made in Sénégal » et la politique de régulation des importations

 Le Ministre a rappelé que concernant le riz, son importation a été limitée en vue de permettre l’écoulement de la production locale. Il a précisé que l’obtention d’une DIPA pour le riz est désormais indexée à l’achat du riz local, ce qui renforce la protection de la filière.

 Préoccupations des Députés

LABOS

Il s’agit du Laboratoire national d’Analyse et de Contrôle (LANAC), de l’Institut de Technologie Alimentaire (ITA) et de l’Association sénégalaise de Normalisation (ASN),

 Le renforcement des structures a été demande ainsi que l’exigence de conformité aux normes d’hygiène et de sécurité des entreprises agroalimentaires, en particulier pour certaines denrées sensibles (biscuits, eau et boissons en sachets, lait, etc.).

Des députes ont demandé un appui spécifique aux femmes transformatrices afin de faciliter l’accès à la labellisation et à la certification de leurs produits.

Volontaires

 Ils se sont, en outre, interrogés sur le retard de paiement des arriérés dus aux « 1000 volontaires de la consommation » et sur l’absence d’opérationnalisation visible du dispositif.

Des députés ont également exprimé leurs vives inquiétudes face à la prolifération d’unités de fabrication de produits dépigmentants contenant des substances dangereuses, ainsi qu’à la consommation croissante de la chicha chez les jeunes, dont les risques sanitaires sont avérés. Ils ont appelé à un renforcement des contrôles, à une meilleure application des normes (FRA) et à des campagnes de sensibilisation de grande envergure.

Contrôle des prix  

Le Ministre  a rappelé que le dispositif des « 1000 volontaires de la consommation » est opérationnel, même si des retards de paiement ont été enregistrés en raison du chevauchement des listes avec un autre programme de volontaires au niveau du Ministère en charge de l’Agriculture.

Il a soutenu que ces volontaires ont été en  formation, notamment à Thiès, sur le civisme, la citoyenneté et la régulation commerciale, et que leur rémunération a été facilitée par des solutions de paiement numérique.

S’agissant des services départementaux de contrôle, il a indiqué qu’ils seront étendus à l’ensemble des départements : trente-trois (33) services existent déjà sur quarante-cinq (45) et treize (13) nouveaux services seront créés, chacun doté d’un commissaire aux enquêtes économiques et des moyens logistiques nécessaires, avec l’appui des volontaires, pour assurer un contrôle plus efficace et dissuasif.

Sur la digitalisation des DIPA, il a informé que des comités techniques travaillent à la mise en place d’une plateforme numérique sécurisée, afin que seuls les commerçants respectant la réglementation puissent en disposer.

Lutte contre les produits périmés et non conformes

Le Ministre a rappelé les exigences de conformité de l’étiquetage concernant notamment la date de péremption, le poids net, la liste des ingrédients et le code d’autorisation de fabrication et de mise en vente (FRA), et a expliqué que les services d’hygiène et de la Direction du commerce intérieur (DCI) procèdent régulièrement à l’incinération de tonnes de produits périmés ou frauduleux. Un centre d’incinération dédié sera construit pour renforcer ce dispositif.

Il a, en outre, souligné que l’obtention d’un code FRA constitue un préalable indispensable pour mettre sur le marché des produits alimentaires, et que cet instrument sera utilisé pour intensifier la lutte contre les produits dépigmentants nocifs.

Sachets plastiques

 Le Ministre a précisé que sa mise en œuvre de la loi a été difficile, du fait que ce texte a été adopté sans que les mesures préalables de substitution ne soient pleinement anticipées. Il a assuré que son département travaille à l’identification et à la promotion de produits alternatifs, afin de concilier protection de l’environnement et viabilité économique pour les opérateurs.

Commission nationale de régulation des loyers  

  Sur ce point, le Ministre  a été suggéré de multiplier les efforts, afin de faire baisser le prix du ciment et du matériel de construction avant d’envisager la réduction du coût du loyer.

Réponse du Ministre  cheikh DIBA

Le Ministre DIBA a indiqué qu’en dépit de la hausse substantielle des crédits du Ministère de l’Industrie et du Commerce, qui atteignent environ 419 milliards de francs CFA, des efforts supplémentaires restent nécessaires pour hisser ce secteur au niveau des ambitions de « Sénégal 2050 ».

Il a toutefois relevé que le secteur secondaire, incluant l’industrie, ne représente encore qu’environ 24 % du PIB, alors que le secteur tertiaire en capte plus de la moitié.

Selon lui, cette situation pose une question d’équité dans la répartition des revenus et justifie le choix de miser sur l’industrialisation et la souveraineté alimentaire.

Il a, en outre, précisé que plus de 90 % des crédits du ministère sont orientés vers l’investissement, en cohérence avec l’objectif de transformation structurelle.

 Préoccupations des Députés

Programme de modernisation et de gestion des marches (PROMOGEM)

Des députés se sont félicités de ses premiers résultats, le considérant comme un instrument essentiel pour la réhabilitation, la construction et la mise à niveau des marchés du pays. Ils ont plaidé l’augmentation de ses crédits, afin qu’il puisse intervenir dans un plus grand nombre de localités comme Guinguinéo, Médina Sabakh, Yoff, Saint-Louis, Grand-Yoff, Keur Massar, Parcelles assainies, Colobane, Thiaroye, Bambey, Ndindy, Dahra, Linguère, les communes du Sud du pays, la zone du Djolof, entre autres.

Ils ont, par ailleurs, attiré l’attention sur la récurrence des incendies dans les marchés, souvent imputés à des branchements électriques clandestins, ainsi que sur les retards notés dans la reconstruction de certains marchés comme Pikine et Kaolack.

Ils ont, également, demandé un audit sur le financement du marché de Médina Baye, des clarifications sur le litige relatif au marché de Ngathie Naoudé….

 Reponse du Ministre

Modernisation du commerce et des marches

 Le Ministre a insisté sur l’importance du Programme de Modernisation et de Gestion des Marchés (PROMOGEM). Il a indiqué qu’un programme de construction ou de réhabilitation de soixante-sept (67) marchés a été proposé, nécessitant environ dix (10) milliards de francs CFA par an sur cinq (5) ans, avec une typologie distinguant les marchés communaux, départementaux et d’intérêt national.

 Il a précisé que le rôle de PROMOGEM, de la Société d’Exploitation du Marché d’Intérêt national et de la Gare des Gros porteurs (SEMIG) est d’accompagner les collectivités dans la mise à niveau de leurs marchés avant de leur en laisser la gestion.

 Il a reconnu que les incendies dans les marchés sont souvent liés à des branchements clandestins et a assuré que des solutions techniques et réglementaires seront apportées.

PRECISIONS  DU MINISTRE   CHEIKH DIBA

PROMOGEM

il a informé que, sur 16 milliards de crédits ouverts entre 2021 et 2025, le taux d’exécution est évalué à 44 %. Il a jugé nécessaire d’améliorer la capacité d’absorption avant d’envisager des augmentations massives de crédits, tout en indiquant que des financements extérieurs et des partenariats public-privé pourront être explorés pour amplifier son impact.

 Préoccupations des Députes

Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture,

Des députés ont dénoncé la mauvaise gouvernance qu’elles estiment prévaloir dans certaines d’entre elles, l’absence de renouvellement des instances dirigeantes et la prééminence de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar au détriment des autres.

Ils ont particulièrement attiré l’attention sur la situation de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Ziguinchor qu’un rapport d’audit aurait mis en évidence des facturations frauduleuses et un détournement présumé de 150 millions de francs CFA.

 À ce niveau, ils ont regretté la lenteur de la prise en charge de ces dossiers et ont demandé la communication à l’Assemblée nationale des rapports d’inspection et des résultats d’enquête.

                          Réponse du Ministre

Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture,

 il a annoncé qu’une réforme législative est en préparation afin de garantir leur indépendance, de limiter la concentration de pouvoirs, d’encadrer plus strictement les responsabilités des présidents et de prévoir des mécanismes de révocation en cas de faute grave.

Il a également indiqué que le rapport d’audit sur la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Ziguinchor fait état de détournements particulièrement graves et qu’il est envisagé l’ouverture d’une information judiciaire pour permettre à l’Agence judiciaire de l’État d’engager les actions appropriées. Des élections seront organisées pour renouveler les instances dirigeantes.

 COMMERCE EXTERIEUR

Agence sénégalaise de promotion des exportations (ASEPEX)

 Préoccupations des Députes

Les députés ont recommandé l’élargissement du nombre de participants, le renforcement de ses ressources et l’octroi du titre de Commissaire général à son Directeur général. Ils ont, de plus, invité le Gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour que le Sénégal soit doté d’un pavillon de type A à l’Exposition universelle de Riyad 2030.

Sur le plan du commerce extérieur, certains députés ont mis en exergue l’importance du commerce intra-africain et de l’intégration optimale à la ZLECAF. Ils ont, dans ce sens, préconisé l’adoption d’une stratégie articulée autour de la création de chaînes de valeur régionales, de l’amélioration de la compétitivité des entreprises nationales, de la mise en place d’instruments de paiement africains et, à terme, d’une monnaie commune.

Ils se sont, par ailleurs, intéressés aux accords commerciaux avec la Gambie et ont proposé d’explorer, avec la Côte d’Ivoire, des quotas d’achat de café pour garantir un approvisionnement régulier et maîtriser les coûts sur le marché national.

Ils ont salué les innovations du CICES, notamment la Cité des Affaires et l’Expo Saly 2025, tout en souhaitant l’organisation d’événements similaires dans d’autres localités, telles que Kébémer, et en demandant l’interdiction des produits dépigmentant dans les foires.

Reponse du Ministre

Marches extérieurs et a la visibilité du Sénégal

 Le Ministre Dr Serigne Gueye DIOP a indiqué que des investissements conséquents ont été consentis pour la participation à l’Exposition universelle d’Osaka et à d’autres foires, en partenariat avec l’ADEPME et l’ASEPEX, pour promouvoir les produits « Made in Sénégal », notamment dans les secteurs de l’artisanat, de l’agroalimentaire et des industries.

S’agissant de la fonction de Commissaire général pour l’Exposition universelle d’Osaka, il a rappelé que, du fait de l’affectation de l’ancien Directeur général et en l’absence de nouveau titulaire, il a exercé temporairement cette fonction.

Enfin, abordant le commerce numérique, il a souligné le potentiel de ce secteur, qui représente déjà une part significative des échanges. Il a annoncé la volonté du Gouvernement de mettre en place une autorité de régulation dédiée et de former les acteurs nationaux pour leur permettre de tirer pleinement profit de ce marché.