Priorité stratégique du gouvernement : la transformation et la création de valeur ajoutée dans nos territoires
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118 914 tonnes de noix brutes de cajou exportées pour une valeur financière de 92 milliards de francs CFA en recettes d’exportation pour le Sénégal
«L’État s’engage à faire de l’anacarde une filière prioritaire, mieux rémunératrice, plus équitable et pleinement créatrice d’emplois et de richesses. Notre vision, c’est que chaque kilo d’anacarde exporté demain soit de plus en plus un kilo transformé sur place, ici au Sénégal, grâce à votre travail, votre savoir-faire et votre engagement ». Ainsi s’exprimait le Ministre Dr Serigne Gueye DIOP. C’était lors du Comité régional de développement (CRD) consacré à la filière anacarde, à Ziguinchor le 16 juin 2026. Etaient présents les autorités administratives et ministérielles ; la chambre de commerce ; les producteurs, travaillant dans les vergers ; les transformateurs, investissant dans des unités de décorticage, de conditionnement et de valorisation ; les membres de l’Interprofession, jouant un rôle clé de coordination et de régulation….
Le Ministre Dr DIOP était venu, à Ziguinchor, constater de visu le démarrage des opérations de commercialisation de l’anacarde pour la campagne 2026 et d’échanger avec les acteurs de la filière, sur les difficultés rencontrées, mais aussi sur les perspectives de développement « d’une filière anacarde forte, durable et pleinement au service de l’économie nationale, en particulier de celle de la zone Sud ».
Les échanges ont notamment porté sur la place des PME locales dans les agropoles ; sur les mécanismes de financement de la filière ; la nécessité d’un soutien accru des pouvoirs publics ; le besoin de financements ; une meilleure structuration ; un appui à la formalisation ……….
Performances réalisées
Elles ont été saluées par le Ministre. « Au titre de la campagne de commercialisation 2025, notre pays a exporté 118 914 tonnes de noix brutes de cajou sur le marché mondial. Ce volume important représente une valeur financière de 92 milliards de francs CFA en recettes d’exportation pour le Sénégal. Ce résultat contribue au rééquilibrage de notre balance commerciale et témoigne du dynamisme et du potentiel de la filière anacarde ».
Taxe à l’exportation
Le Ministre Dr Serigne Gueye DIOP , a annoncé le retrait de la taxe de 20 FCFA initialement envisagée sur les exportations d’anacarde. Cette décision traduit la volonté du Gouvernement de privilégier la concertation avec les acteurs de la filière afin de préserver sa compétitivité tout en poursuivant les réflexions sur les mécanismes de financement durable du secteur et le renforcement de la transformation locale.
À Ziguinchor et Sédhiou, les acteurs de la filière anacarde avaient observé une journée « ville morte » pour protester contre l’instauration d’une nouvelle taxe de 20 francs CFA par kilogramme de noix de cajou destinée à l’exportation. Pour les professionnels de la filière, cette taxe additionnelle vient alourdir une fiscalité déjà importante. Ils rappellent que chaque kilogramme de noix de cajou exporté est actuellement soumis à un prélèvement de 32 francs CFA.Pour eux, l’ajout de 20 francs supplémentaires avait été perçu comme une charge excessive susceptible de fragiliser davantage la compétitivité du secteur.
Les professionnels alertent également sur le vieillissement progressif du verger casamançais. Selon eux, l’absence de programmes structurés de renouvellement des plantations et le manque d’investissements menacent la pérennité de la production. Ils plaident pour un appui renforcé aux producteurs afin de favoriser la mise en place de nouvelles plantations et la modernisation du secteur.
Faire mieux en changeant de cap.
« Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’un modèle reposant quasi exclusivement sur l’exportation de noix brutes. Aujourd’hui, le taux de transformation locale est estimé à moins de 3%. Ce chiffre, à lui seul, nous montre l’ampleur du chemin à parcourir, mais aussi l’immense marge de progression qui s’ouvre à nous ». L’objectif du gouvernement est de porter ce taux à 30 % au cours des cinq prochaines années, grâce à un accompagnement renforcé et à des mesures de soutien destinées aux industriels » a note le Ministre DIOP.
« C’est pourquoi, suivant mes instructions, un Séminaire portant sur le mécanisme de prélèvement a été organisé à Saly, avec la participation de toutes les parties prenantes : producteurs, transformateurs, exportateurs, structures d’appui, services de l’État et partenaires. À l’issue de ces travaux, un Accord-cadre, porté et validé par les acteurs eux-mêmes, a été adopté. Cet Accord-cadre, instituant un prélèvement de 20 francs CFA par kilogramme de noix brutes de cajou exportées, a été officiellement signé par les ministres en charge du Commerce et de l’Agriculture. Cet Accord entrera en vigueur et deviendra un instrument structurant au service du développement de la filière ».
Le Ministre poursuit « Ce prélèvement de 20 francs CFA par kilogramme pourrait générer chaque année, au profit des acteurs, des ressources financières estimées à plus de 2 milliards de francs CFA. Ces ressources ne seront pas diluées dans le budget général : elles seront logées dans un Fonds d’appui dédié au développement de la chaîne de valeur anacarde au Sénégal. Ce Fonds sera géré de manière transparente, inclusive et rigoureuse, avec la participation des représentants de la filière et l’appui des services techniques de l’État. Vous aurez ainsi la garantie que ces ressources reviendront effectivement à la filière et serviront vos priorités ».
Pour le Ministre Dr Serigne Gueye DIOP « ce Fonds permettra de financer des actions très précises et très concrètes, parmi lesquelles :
– le renforcement de la recherche et du conseil agricole, pour disposer de plants performants, adaptés au changement climatique, et de bonnes pratiques culturales ;
– l’amélioration de la qualité et de la productivité des vergers, afin d’augmenter les rendements tout en préservant nos sols et notre environnement ;
– la promotion résolue de la transformation locale, pour que la valeur ajoutée se crée ici, dans nos terroirs, au profit de nos femmes et de nos jeunes ;
-le développement d’infrastructures de stockage et de conditionnement modernes, afin de réduire les pertes post-récolte, d’améliorer la conservation et la qualité des produits ;
– la mise en place de centres de formation liés aux métiers de l’anacarde (transformation, maintenance, qualité, marketing, logistique, etc.), pour doter la filière de compétences solides et pourvoyeuses d’emplois.
Le Ministre DIOP a rappelé que ce type de prélèvement existe dans plusieurs pays producteurs, notamment la Côte d’Ivoire « où les montants perçus sont plus élevés afin de soutenir la transformation locale ».
En parallèle, dans le cadre du Programme de Résilience Économique et Sociale (PRES), l’État applique, au titre de la campagne de commercialisation d’anacarde de 2026, une taxe de 32 francs CFA par kilogramme de noix brutes de cajou exportées. Cette taxe pourrait générer plus de 3 milliards de francs CFA de recettes douanières, en 2026, au profit du budget de l’État ». Cela bénéficie également indirectement à la filière.
Le Ministre Dr DIOP a réaffirmé, la priorité stratégique du gouvernement : « la transformation et la création de valeur ajoutée dans nos territoires. Pour concrétiser cette ambition, ont été mis en place plusieurs instruments structurants, notamment :- le projet des Agropoles, pour organiser et dynamiser des zones de transformation agro-industrielle intégrées, proches des bassins de production ;
– le PACAS (Projet d’Appui à la Compétitivité de l’Agriculture et à la Sécurité alimentaire), pour améliorer la productivité, la compétitivité et l’accès aux marchés ;
– le Système de Récépissé d’Entrepôt, pour permettre aux producteurs de disposer de solutions de stockage modernes et d’utiliser leurs stocks comme garantie d’accès au crédit.
Ces dispositifs visent la réduction des risques, afin de renforcer les pouvoir de négociation et pour faire de l’anacarde un véritable levier d’émergence économique pour la zone Sud et pour l’ensemble du Sénégal.
L’État va investir 90 milliards pour les agropoles et l’anacarde
L’État du Sénégal va injecter 90 milliards de francs CFA en Casamance dans le cadre du développement des agropoles et de la relance de la filière anacarde, a annoncé Dr Serigne Guèye DIOP. « Ceci dans le cadre du développement des agropoles et de la relance de la filière anacarde. 51 milliards de francs CFA seront consacrés aux agropoles d’Oussouye, Ziguinchor et Bignona, tandis que 39 milliards seront investis dans ceux de Kolda et Sédhiou. Ces projets permettront la réalisation de neuf nouvelles zones industrielles agroalimentaires destinées à stimuler l’industrialisation de la région et à générer plus de 50 000 emplois directs et indirects ».
Il a rappelé que cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale de modernisation de la Casamance, marquée notamment par des investissements dont bénéficient le port de Ziguinchor, l’aéroport ainsi que les infrastructures routières.
Dr Serigne Guèye DIOP a assuré que des hangars déjà construits au sein des agropoles seront exclusivement réservés aux PME et aux Groupements d’intérêt économique (GIE), afin de leur permettre de démarrer rapidement leurs activités. Pour les autres espaces viabilisés, il a invité les investisseurs nationaux et étrangers à construire leurs propres unités industrielles, afin de renforcer le tissu productif régional.
Parc agro-industriel d’Adéane
Le gouvernement sénégalais a officiellement lancé un appel aux investisseurs privés, le 15 JUIN 2026 à Adéane, leur demandant de contribuer au financement du parc agro-industriel de cette commune du département de Ziguinchor
L infrastructure est présentée comme un levier majeur de transformation des produits agricoles, de création d’emplois et de développement économique de la Casamance. Financé à plus de 57 milliards de francs CFA par l’État du Sénégal et ses partenaires, le parc agro-industriel d’Adéane dispose déjà de 40 hectares aménagés sur les 85 prévus. Le site est doté notamment de hangars de plus de 2 400 m², de chambres froides d’une capacité de stockage de 1 500 tonnes et d’un centre d’excellence destiné à accompagner les activités industrielles.
Des acteurs économiques présents à la rencontre ont salué les perspectives offertes
par la plateforme dans la transformation des produits locaux, la formation et l’insertion des jeunes, Les opérateurs économiques de la filière anacarde, ont estimé que le
Parc permettra de développer la transformation locale des productions et de générer des emplois pour les jeunes et les femmes.
Le ministre Dr DIOP a souligné que cette infrastructure marque une nouvelle étape dans la valorisation du potentiel économique de la Casamance. « Insistant sur la nécessité de transformer localement les productions agricoles, notamment les mangues, le “madd” et le “ditakh”, il a assuré que le développement des capacités de stockage et de transformation contribuera à renforcer les chaînes de valeur et à soutenir durablement l’économie régionale ».
En marge de cette visite, le Ministre s’est rendu à la ferme de Djifanghor ainsi qu’à l’usine de transformation d’anacarde en amandes Casa Industries, une entreprise soutenue par l’ADEPME et le PACAS.

JYSIC obtient une réservation d’espace à l’Agropole Sud
L’entreprise sénégalaise de transformation agroalimentaire et de formation professionnelle JYSIC (J’y Suis, J’y Investis en Casamance), basée à Ziguinchor , a reçu, a cette occasion, son attestation provisoire de réservation d’espace au Parc agro-industriel d’Adéane Cette attestation, remise par le ministre, Dr Serigne Guèye DIOPi, marque une étape importante dans le développement de cette PME spécialisée dans la valorisation des ressources agropastorales et forestières de la Casamance.
L’entreprise transforme notamment le cajou, la mangue, le ditakh et le maad en produits agroalimentaires et cosmétiques à forte valeur ajoutée. Elle avait été accompagnée par le Bureau de mise à niveau (BMN), l’Institut de Technologie Alimentaire (ITA), l’ADEPME ainsi que le Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3FPT) pour l’obtention de l’accréditation.
