Le ministre Dr Serigne Guèye DIOP, a plaidé pour une réforme profonde de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) afin de mieux répondre aux défis actuels et aux besoins des pays en développement.

 

Le ministre Serigne Guèye Diop appelle à une réforme pour un commerce plus équitable

 Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye DIOP, a plaidé pour une réforme profonde de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) afin de mieux répondre aux défis actuels et aux besoins des pays en développement.

Le Sénégal a porté sa voix à la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’OMC (CM14), tenu du 26 au 29 mars 2026 à Yaoundé. « Il est crucial de rendre l’OMC plus efficace, pertinente et crédible. Sans réforme, l’OMC risque de perdre sa pertinence », a-t-il soutenu.

Le Sénégal défend une réforme axée sur le développement, l’inclusivité et la transparence, afin de mieux intégrer les pays en développement dans le commerce mondial.   

Le Sénégal a en outre réaffirmé son engagement en faveur de l’industrialisation et de la transformation économique, dans la perspective de sa sortie prochaine de la catégorie des pays les moins avancés.

Dakar fixe ses objectifs

La délégation sénégalaise est composée entre autres, du Secrétaire général du Ministère, du directeur du commerce extérieur, de l’ambassadeur du Sénégal à Genève et son collègue établi à Yaoundé, ainsi que d’autres officiels et experts.

Plusieurs questions ont été abordées, notamment les règles commerciales, la facilitation de l’investissement entre autres secteurs de développement ; la relance du mécanisme de règlement des différends, la poursuite des négociations sur les subventions à la pêche, ainsi que des avancées sur l’agriculture. Également au menu : la réforme de l’OMC ; le moratoire sur le commerce électronique ; le Cadre intégré renforcé ; l’initiative coton……« Cette conférence est importante pour le Senegal qui vient d’adopter une nouvelle stratégie de développement avec le référentiel Vision Senegal 2050. Nous espérons que cette vision sera accompagnée d’un environnement des affaires favorables et un commerce international favorable », a déclaré Seydina Aboubacar Sadikh NDIAYE secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce.

« Cette conférence constitue une opportunité de faire avancer les priorités nationales dans un contexte de recomposition du commerce mondial », a-t-il  relevé.

Le Sénégal plaide pour une réforme du commerce mondial

 En marge de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce à Yaoundé, le Sénégal a appelle à une refonte des règles du commerce international et à une industrialisation accrue pour renforcer la place de l’Afrique dans les échanges mondiaux.

Notre pays a pour objectif de : renforcer son intégration dans le commerce mondial et atteindre le statut de pays émergent à l’horizon 2029. Le secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce, Seydina Aboubakar Sadikh NDIAYE, a évoqué une « conférence de l’espoir », après les perturbations liées à la pandémie et aux déséquilibres du système commercial.

Avec 16 % de la population mondiale mais seulement 3 % du commerce international, l’Afrique reste marginalisée. Pour Dakar, cette situation impose une transformation structurelle des économies, fondée sur l’industrialisation et la montée en compétitivité des entreprises.

Pour sa part, le directeur du commerce extérieur, Ahmed Tidiane DIA, a dénoncé notamment les importations subventionnées et les mesures unilatérales de certaines grandes puissances. Il a insisté sur l’urgence de réformer l’OMC : « Les règles actuelles ne sont plus adaptées aux réalités économiques du XXIᵉ siècle »,

Journée de réunions préparatoires à la CM14.

La journée du 25 mars a été consacrée aux réunions des groupes de pays (ACP, groupe africain, PMA, CEDEAO) ainsi qu’aux échanges avec certaines puissances économiques, notamment la Chine.

  1. Réunions des groupes de pays et coopération avec la Chine

Les différentes réunions de coordination ont permis selon le Secrétaire général NDIAYE

– D’harmoniser les positions des groupes africains, ACP, PMA et CEDEAO,  ; 

– D’échanger avec la Chine sur le renforcement de sa coopération avec l’Afrique, en particulier pour soutenir et accélérer l’industrialisation du continent.

Parallèlement, des réunions spécifiques ont été tenues sur : 

– L’accord plurilatéral sur la facilitation de l’investissement ; 

– L’initiative « partenariat coton », essentielle pour les pays africains producteurs de coton.

  1. harmoniser les positions

Tous les groupes de pays se sont accordés sur la nécessité de : 

– Défendre collectivement les intérêts des PMA et des pays en développement dans le cadre des négociations de la CM14 ; 

– Obtenir des résultats concrets et opérationnels pour le développement.

  1. Enjeux et contexte des négociations

Pour les PMA et les pays en développement, dont le Sénégal : « Les réformes internes et les politiques industrielles en cours ne pourront produire pleinement leurs effets que si l’environnement international du commerce et de l’investissement est favorable et prévisible ».

  1. 4. Position défendue par les PMA, les PED

Les pays en développement et les PMA représentent plus du tiers des membres de l’OMC. Ils ont plaidé pour : 

– Un système commercial multilatéral rénové, plus juste et plus inclusif ; 

– Un recentrage des règles de l’OMC sur le développement économique des PMA et des PED ; 

– Une prise en compte effective de leurs priorités en matière d’industrialisation, d’agriculture, de pêche, de commerce électronique et de diversification économique.

La cérémonie officielle d’ouverture des négociations de la CM14,

Elle a été présidée dans la matinée du 26 mars 2026  par le Premier ministre du Cameroun, en présence du Directeur général de l’OMC, du Vice-Président et du Président du Conseil général, marquant ainsi l’importance politique accordée à cette Conférence ministérielle et au processus de réforme en cours.

Réforme de l’OMC

Les travaux consacrés à la réforme de l’OMC ont donné lieu à des échanges nourris entre les membres autour de plusieurs questions centrales a rappelé le Secrétaire général NDIAYE qui explique :

  1. La clause de la nation la plus favorisée (NPF)

 Certains membres ont exprimé le souhait de réformer cette clause, estimant qu’elle devrait être mieux adaptée aux réalités actuelles du commerce international.  D’autres membres ont, au contraire, plaidé pour sa consolidation et son renforcement, considérant qu’elle constitue un pilier du système commercial multilatéral et une garantie de transparence, de prévisibilité et de non-discrimination.

  1. Le traitement spécial et différencié (TSD)

  La plupart des membres ont insisté sur la nécessité de renforcer le TSD. Il a été largement reconnu que cette disposition est essentielle pour corriger les déséquilibres existants et réduire l’asymétrie de développement entre les membres, en offrant des flexibilités et des soutiens adaptés aux pays en développement et aux pays les moins avancés.

  1. Autres questions émergentes

   Plusieurs thématiques structurantes pour l’avenir du système commercial multilatéral ont également été soulevées, notamment :   la sécurité économique ; le développement du commerce numérique ;   l’intelligence artificielle et ses implications sur le commerce et la régulation. 

Ces sujets, bien que parfois considérés comme « nouveaux enjeux », ont été abordés comme des dimensions incontournables de la réforme de l’OMC et de l’adaptation de ses règles aux mutations économiques et technologiques mondiales.

  Positions du Senegal

Le Secrétaire général Seydina Aboubacar Sadikh NDIAYE s’est  largement appuyé sur : 

  1. L’option stratégique de l’industrialisation

Le Senegal a pris l’engagement  en faveur de l’industrialisation et de la montée en gamme de l’économie. L’objectif est de : 

   – « renforcer notre capacité de transformation locale des matières premières et d’industrialisation ; 

   – attirer davantage d’investissements directs étrangers (IDE) dans les zones industrielles et agropoles ; 

   – accroître la valeur ajoutée locales créée sur nos territoires pour un développement endogène et inclusif; 

   – promouvoir la création d’emplois au profit des jeunes et des femmes ; 

   – soutenir le développement de nos terroirs et de nos chaînes de valeur locales et régionales ».

  1. 2. Les besoins prioritaires du Senegal dans le cadre de la réforme

   Le Secrétaire général a  souligné que, pour atteindre ces objectifs,   le Sengal a besoin : 

   – d’un meilleur accès aux marchés, notamment pour les produits à plus forte valeur ajoutée ; 

   – de la réduction des barrières non tarifaires, qui constituent souvent des obstacles majeurs à nos exportations ; 

   – d’un accompagnement renforcé de la part des partenaires au développement, via le cadre intégré renforcé ( (CIR), afin de faire du commerce un véritable pilier de développement économique (renforcement des capacités productives, facilitation des échanges, infrastructures, digitalisation, etc.).

  1. La vision du développement fondée sur un environnement favorable plutôt que sur l’assistanat

   Pour le Secrétaire général NDIAYE, les pays africains fondent désormais leur stratégie de développement sur : 

   – la mise en place d’un environnement commercial et d’investissement plus favorable, prévisible et attractif ; 

   – et non sur l’« assistanat », qui, par le passé, n’a jamais permis de résoudre de manière structurelle nos problèmes de développement. 

Mr NDIAYE a insisté sur le fait que « la réforme de l’OMC doit contribuer à créer des règles plus équitables, prenant en compte les priorités de développement, et permettant aux pays en développement et aux PMA de tirer un meilleur parti du commerce international pour transformer leurs économies ».